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Jeudi 2 avril 2009



Larmes aux fleurs suspendues,
Larmes de sources perdues
Aux mousses des rochers creux ;

Larmes d'automne épandues,
Larmes de cors entendues
Dans les grands bois douloureux ;

Larmes des cloches latines,
Carmélites, Feuillantines...
Voix des beffrois en ferveur ;

Larmes, chansons argentines
Dans les vasques florentines
Au fond du jardin rêveur ;

Larmes des nuits étoilées,
Larmes de flûtes voilées
Au bleu du pare endormi ;

Larmes aux longs cils perlées,
Larmes d'amante coulées
Jusqu'à l'âme de l'ami ;

Gouttes d'extase, éplorement délicieux,
Tombez des nuits ! Tombez des fleurs ! Tombez des yeux !

Et toi, mon coeur, sois le doux fleuve harmonieux,
Qui, riche du trésor tari des urnes vides,
Roule un grand rêve triste aux mers des soirs languides. 

 

Par Audrey - Publié dans : Leurs poèmes - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Mardi 10 mars 2009



Puisqu’on a fait c’que l’on a pu
Puisqu’on a plus c’que l’on avait
C’qu’on a vécu on l’a perdu
Dans notre infinie solitude

Ce qu’on était on n’sait même plus
C’que l’on voulait chérie t’en souviens tu ?
Ce qu’on croyait on y croit plus
Dans notre infinie solitude

Mais on sait tous
Qu’on y peut rien
Et vivre toujours
Pour mourir demain
Moi ça m’fait rien
Du tout
Plus rien du tout

On n’sait même plus c’qu’il faut se dire
Pour s’faire sourire et se guérir
Oh, ya pas d’quoi rire
Dur de construire
Dans cette infinie solitude

Loin des yeux
Loin de mon cœur
Mais moins j’te vois et plus j’pense à toi
Oh si j’avais su je serais resté
Dans mon infinie solitude

Mais on sait tous
Qu’on y peut rien
Et vivre toujours
Pour mourir demain
Moi ça m’fait rien
Plus rien du tout.

Par Audrey - Publié dans : Musique en Paroles - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Jeudi 26 février 2009


Je rêve de vers doux et d'intimes ramages,
De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages,

De vers blonds où le sens fluide se délie
Comme sous l'eau la chevelure d'Ophélie,

De vers silencieux, et sans rythme et sans trame
Où la rime sans bruit glisse comme une rame,

De vers d'une ancienne étoffe, exténuée,
Impalpable comme le son et la nuée,

De vers de soir d'automne ensorcelant les heures
Au rite féminin des syllabes mineures.

De vers de soirs d'amour énervés de verveine,
Où l'âme sente, exquise, une caresse à peine...

Je rêve de vers doux mourant comme des roses. 

 

Par Audrey - Publié dans : Leurs poèmes - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 22 février 2009



Volutes de fumée,

Ressemblent à mes pensées.


Envie dégoût mêlés,

Dissemblances assemblées.

 

Ton cœur est aussi sec que la paille de tes cheveux.

 

Par Audrey - Publié dans : Mes textes & poèmes - Communauté : L'âme du poète
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Vendredi 20 février 2009



Je n'ai songé qu'à toi, ma Belle, l'autre soir.
Quelque chose flottait de tendre dans l'air noir,
Qui faisait vaguement fondre l'âme trop pleine.
Je marchais, on eût dit, baigné dans ton haleine.
Les souffles qui passaient semblaient rouler dans l'air
Un souvenir obscur et tiède de ta chair.
J'aurais voulu t'avoir près de moi, caressante,
Appuyée à mon bras dans ta grâce enlaçante,
Et lente et paresseuse, et retardant le pas
Pour me baiser sans bruit comme on parle tout bas.
L'amour vibrait en moi comme un clavier qu'on frôle
Ô câline d'amour bercée à mon épaule !
Et je t'évoquais toute avec ton grand manteau,
Et la touffe de fleurs tremblante à ton chapeau,
Et tes souliers vernis luisant dans la nuit sombre,
Et ton ombre au pavé fiancée à mon ombre.
Il est ainsi des soirs faits de douceur qui flotte,
De beaux soirs féminins où le coeur se dorlote,
Et qui font tressaillir l'âme indiciblement
Sous un baiser qui s'ouvre au fond du firmament.

Tes yeux me souriaient... et je marchais heureux
Sous le ciel constellé, nocturne et vaporeux,
Pendant que s'entr'ouvrait, blancheur vibrante et pure,
Mon âme - comme un lys ! - passée à ta ceinture.

  

Par Audrey - Publié dans : Leurs poèmes - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Jeudi 19 février 2009



Désir brûlant

Désir vibrant

Désir bandant

 

Pour ton coeur

Pour ton corps

Pour ton sort

 

Sur ta couche

Je me couche

Pas farouche
 
 

Par Audrey - Publié dans : Mes textes & poèmes - Communauté : L'âme du poète
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Mercredi 4 février 2009



Devant la mer, un soir, un beau soir d'Italie,
Nous rêvions... toi, câline et d'amour amollie,
Tu regardais, bercée au coeur de ton amant,
Le ciel qui s'allumait d'astres splendidement.

Les souffles qui flottaient parlaient de défaillance ;
Là-bas, d'un bal lointain, à travers le silence,
Douces comme un sanglot qu'on exhale à genoux,
Des valses d'Allemagne arrivaient jusqu'à nous.

Incliné sur ton cou, j'aspirais à pleine âme
Ta vie intense et tes secrets parfums de femme,
Et je posais, comme une extase, par instants,
Ma lèvre au ciel voilé de tes yeux palpitants !

Des arbres parfumés encensaient la terrasse,
Et la mer, comme un monstre apaisé par ta grâce,
La mer jusqu'à tes pieds allongeait son velours,
La mer...

... Tu te taisais ; sous tes beaux cheveux lourds
Ta tête à l'abandon, lasse, s'était penchée,
Et l'indéfinissable douceur épanchée
À travers le ciel tiède et le parfum amer
De la grève noyait ton coeur d'une autre mer,

Si bien que, lentement, sur ta main pâle et chaude
Une larme tomba de tes yeux d'émeraude.
Pauvre, comme une enfant tu te mis à pleurer,
Souffrante de n'avoir nul mot à proférer.

Or, dans le même instant, à travers les espaces
Les étoiles tombaient, on eût dit, comme lasses,
Et je sentis mon coeur, tout mon coeur fondre en moi
Devant le ciel mourant qui pleurait comme toi...

C'était devant la mer, un beau soir d'Italie,
Un soir de volupté suprême, où tout s'oublie,
Ô Ange de faiblesse et de mélancolie.

 

Par Audrey - Publié dans : Leurs poèmes - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 4 janvier 2009



Il a parlé. Prévoyante ou légère,

Sa voix cruelle et qui m'était si chère

A dit ces mots qui m'atteignaient tout bas :

« Vous qui savez aimer, ne m'aimez pas ! »

 

« Ne m'aimez pas si vous êtes sensible,

Jamais sur moi n'a plané le bonheur.

Je suis bizarre et peut-être inflexible ;

L'amour veut trop : l'amour veut tout un cœur

Je hais ses pleurs, sa grâce ou sa colère ;

Ses fers jamais n'entraveront mes pas. »

 

Il parle ainsi, celui qui m'a su plaire...

Qu'un peu plus tôt cette voix qui m'éclaire

N'a-t-elle dit, moins flatteuse et moins bas :

« Vous qui savez aimer, ne m'aimez pas !

 

Ne m'aimez pas ! l'âme demande l'âme.

L'insecte ardent brille aussi près des fleurs :

Il éblouit, mais il n'a point de flamme ;

La rose a froid sous ses froides lueurs.

Vaine étincelle échappée à la cendre,

Mon sort qui brille égarerait vos pas. »

 

Il parle ainsi, lui que j'ai cru si tendre.

Ah ! pour forcer ma raison à l'entendre,

Il dit trop tard, ou bien il dit trop bas :

« Vous qui savez aimer, ne m'aimez pas. »

 

Par Audrey - Publié dans : Leurs poèmes - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Dimanche 21 décembre 2008


A l'amour – M. Desbordes Valmore

 
Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs,
Ces lettres qui font mon supplice,
Ce portrait qui fut ton complice ;
Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs.

Je te rends ce trésor funeste,
Ce froid témoin de mon affreux ennui.
Ton souvenir brûlant, que je déteste,
Sera bientôt froid comme lui.

Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore,
C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre.
Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ;
Ce fantôme a troublé mon courage timide.

Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide,
Si son ombre fait tant de peur !
Comme ces feux errants dont le reflet égare,
La flamme de ses yeux a passé devant moi ;

Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ;
Mais je n'en rougis que pour toi.
Que mes froids sentiments s'expriment avec peine !
Amour... que je te hais de m'apprendre la haine !

Eloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs,
Ces lettres, qui font mon supplice,
Ce portrait, qui fut ton complice ;
Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs !

Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie,
Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ;
En lui peignant mes douloureux transports,
Tu lui donnerais trop de joie.

Reprends aussi, reprends les écrits dangereux,
Où, cachant sous des fleurs son premier artifice,
Il voulut essayer sa cruauté novice
Sur un coeur simple et malheureux.

Quand tu voudras encore égarer l'innocence,
Quand tu voudras voir brûler et languir,
Quand tu voudras faire aimer et mourir,
N'emprunte pas d'autre éloquence.

L'art de séduire est là, comme il est dans son coeur !
Va ! Tu n'as plus besoin d'étude.
Sois léger par penchant, ingrat par habitude,
Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur.

Ne change rien aux aveux pleins de charmes
Dont la magie entraîne au désespoir :
Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir,
Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes...

Il n'ose me répondre, il s'envole... il est loin.
Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence !
Il faudrait par fierté sourire en sa présence :
J'aime mieux souffrir sans témoin.

Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ;
Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui.
S'il osait revenir, je le dirais encore :
Mais on approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
 

Par Audrey - Publié dans : Leurs poèmes - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 23 novembre 2008

  

 

C'est pour t'avoir vue

penchée à la fenêtre ultime,

que j'ai compris, que j'ai bu

tout mon abîme.

 

En me montrant tes bras

tendus vers la nuit,

tu as fait que, depuis,

ce qui en moi te quitta,

me quitte, me fuit...

 

Ton geste, fut-il la preuve

d'un adieu si grand,

qu'il me changea en vent,

qu'il me versa dans le fleuve ?

 

 

Par Audrey - Publié dans : Leurs poèmes - Communauté : L'âme du poète
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